Pays avec le plus d’ordinateurs quantiques : classement actuel

Les chiffres sont implacables : en 2024, la quasi-totalité des ordinateurs quantiques réellement fonctionnels se concentrent dans une poignée de pays. Les communiqués s’enchaînent, les promesses fusent, mais sur le terrain, la réalité est bien moins dispersée. Certains États engloutissent des budgets astronomiques sans disposer des installations les plus pointues, alors que d’autres, parfois plus modestes, hébergent les laboratoires qui dictent la cadence mondiale.

Le rapport de force n’a rien de figé. Entre financements publics massifs, percées de la tech privée et coopérations internationales, la hiérarchie quantique se redessine presque à vue d’œil. Derrière les ambitions affichées, les écarts de capacité sautent aux yeux, redistribuant les rôles bien plus vite qu’on ne le croit.

Panorama mondial : l’essor de l’informatique quantique en 2024

Depuis le début des années 2020, la compétition pour l’ordinateur quantique a changé de dimension. Sur tous les continents, industriels, laboratoires publics et start-up se lancent dans la mêlée. Impossible de résumer ce bras de fer à un simple duel États-Unis-Chine. L’Europe s’organise, le Canada avance ses pions, la Corée du Sud et l’Australie accélèrent, chacun avec ses domaines de prédilection. En France, on multiplie les initiatives autour de la correction des erreurs et des qubits supraconducteurs ; en Allemagne, c’est l’optique quantique qui capte l’essentiel des efforts.

Pour mieux cerner l’état des lieux, il faut regarder les grands pôles qui tirent la recherche et l’innovation :

  • Les États-Unis, pionniers incontestés, soutenus par IBM, Google, Microsoft et une myriade de partenaires académiques. Leurs machines, à l’image du processeur Sycamore, franchissent les 50 qubits, flirtant avec la fameuse suprématie quantique.
  • La Chine, qui déploie des moyens colossaux pour maîtriser technologies quantiques et cryptographie post-quantique, bâtit ses propres architectures et sécurise ses réseaux de communication.
  • L’Europe, moins démonstrative dans la communication mais redoutable en recherche fondamentale et diversité d’approches, des ions piégés aux circuits supraconducteurs.

Les qubits restent le cœur de ces avancées. Mais la quantité ne fait pas tout : stabilité, correction des erreurs, capacité à exécuter des algorithmes complexes comme celui de Shor ou à simuler de nouveaux matériaux prennent une place croissante dans la course. Les universités de sciences et technologies des États-Unis et de Chine nourrissent ce vivier de talents, tandis que les débats sur la sécurité de l’information et la souveraineté technologique rythment les stratégies nationales. À travers ces batailles, c’est une nouvelle carte de la puissance scientifique qui se dessine.

Pourquoi certains pays dominent-ils la course aux ordinateurs quantiques ?

La suprématie dans les ordinateurs quantiques ne tombe jamais du ciel. Si les États-Unis et la Chine dominent aujourd’hui, c’est d’abord grâce à l’ampleur de leurs investissements, souvent mesurés en millions de dollars ou d’euros. Leur force repose sur la densité de leurs écosystèmes industriels, alliée à des pôles universitaires d’excellence. Les grandes universités, véritables pépinières de chercheurs, travaillent main dans la main avec les géants privés et les agences nationales, un réseau qui propulse la recherche et accélère la création de prototypes.

En Europe, c’est le jeu collectif qui prime. La France, l’Allemagne ou les Pays-Bas s’appuient sur des pôles d’excellence et des laboratoires partagés. La Commission européenne irrigue les projets et tente d’articuler autonomie technologique et coopération internationale. Le Canada se distingue par un climat favorable à l’innovation, de solides avancées sur les qubits supraconducteurs et la communication quantique.

Trois axes structurent la domination mondiale :

  • la capacité à former et attirer des talents rares issus des universités scientifiques et technologiques,
  • l’obtention de financements massifs, publics et privés,
  • la maîtrise de l’ensemble de la chaîne, du matériel aux logiciels en passant par les réseaux de communication quantique.

Face à ces mastodontes, l’Asie du Sud-Est, et surtout la Corée du Sud, mise sur ses instituts de recherche et la production de composants stratégiques. Les lignes bougent vite : chaque percée technologique rebat les cartes, offrant aux nouveaux venus la possibilité de s’inviter au sommet.

Classement actuel : quels États possèdent le plus d’ordinateurs quantiques ?

En 2024, la répartition des ordinateurs quantiques dans le monde consacre une nouvelle hiérarchie. Les États-Unis gardent une longueur d’avance. Le pays compte aujourd’hui plusieurs dizaines de machines opérationnelles, disséminées entre universités, centres de recherche et mastodontes de l’industrie. IBM, Google ou Microsoft mènent la danse avec des processeurs allant de quelques dizaines à plusieurs centaines de qubits, battant régulièrement leurs propres records.

La Chine, solide challenger, structure sa progression autour de centres publics et privés. Son parc d’ordinateurs quantiques croît rapidement. Pékin mise sur des architectures hybrides, supraconductrices ou photoniques, et certaines machines dépassent déjà la barre des 100 qubits selon les dernières publications scientifiques.

L’Europe s’impose dans le trio de tête grâce à ses pôles en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas. On y trouve une vingtaine d’ordinateurs quantiques disponibles, parfois en phase de test, souvent accessibles via le cloud ou des consortiums universitaires. Au Canada, l’écosystème dynamique de Toronto à Vancouver soutient plusieurs machines fonctionnelles, surtout dans le calcul supraconducteur.

Dans ce panorama, les États-Unis et la Chine concentrent la majorité des ordinateurs quantiques recensés. L’Europe et le Canada suivent, tandis que la Corée du Sud et l’Inde avancent à leur rythme, misant sur des projets pilotes et développant de nouveaux processeurs pour espérer rejoindre le peloton de tête.

Chercheuse d age moyen analysant des données devant un quantum

Acteurs majeurs et stratégies nationales : qui façonne la recherche quantique aujourd’hui ?

La recherche quantique se structure autour d’un écosystème international où quelques géants de l’industrie côtoient les institutions publiques. Le paysage se dessine par alliances stratégiques, où l’on croise autant la compétition que la coopération. Aux États-Unis, IBM, Google et Microsoft poursuivent la quête de puissance, chacun développant ses propres architectures et multipliant les partenariats avec universités et centres de recherche. Le processeur Sycamore de Google a frappé les esprits avec sa démonstration de suprématie quantique, tandis qu’IBM mise sur l’ouverture via le cloud et la démocratisation du calcul quantique.

En Chine, la stratégie s’appuie sur des investissements massifs et une synergie forte entre puissance publique et industrie privée. L’Université des sciences et technologies de Chine, entre autres, accélère le développement de nouveaux processeurs, avec une ambition claire : prendre la main sur la cryptographie post-quantique et les applications industrielles.

En Europe, la France s’appuie sur le CNRS, le CEA et plusieurs universités pour avancer sur les qubits topologiques et la correction d’erreurs. L’Allemagne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni misent sur des plateformes partagées, souvent en lien avec des acteurs comme Intel ou Nvidia. Au Canada, D-Wave et IonQ se sont spécialisés dans l’optimisation quantique, avec une expertise reconnue au niveau mondial.

Pour résumer les forces en présence :

  • IBM et Google : expansion internationale et accès généralisé au cloud
  • Chine : pilotage centralisé et investissements publics hors norme
  • Europe : projets collaboratifs, excellence universitaire, soutien institutionnel affirmé
  • Canada : avance sur le calcul quantique appliqué

Dans ce concert mondial, chaque acteur ajuste sa partition selon ses propres priorités de souveraineté, de sécurité et d’innovation. La recherche quantique n’est plus seulement un terrain de confrontation géopolitique : c’est aussi le plus grand laboratoire de coopération technologique du siècle. Reste à savoir à quelle vitesse ce jeu d’équilibristes va encore bouleverser notre rapport au calcul, à la recherche et, plus largement, à la puissance scientifique.